Institut d'Aïkido AKJ

 

 

 

Accueil
Le Club
Actualité
L'Aïkido
La Pratique
Textes
Glossaire
Galeries
Membres
UAM
Archives
Recherche
Contact
Links
Plan

Aïkido et handicap

« Le sport est certainement un bon moyen pour faire avancer les choses » Magali BOUSSAC

Portrait de Magali BOUSSAC « Objectif Shodan », propos recueillis par Marie-Christine VERNE
Article extrait de Seseragi n°23 – Octobre 2008



Un peu d’histoire…


Je suis handicapée de naissance et surtout depuis une banale visite médicale en école primaire ! L’infirmière chargée du contrôle a dicté dans mon dos une série de phrases que je devais répéter. Ce fut impossible !
Une série d’examens pour évaluer mon audition a confirmé mon handicap. Ce diagnostic a surpris tout le monde, surtout mon institutrice … J’étais alors au fond de la classe.

Un choix parmi deux…

Suite à cela, j’ai fait le choix de porter un appareillage qui devait me permettre de compenser « au mieux » ma déficience auditive et de vivre « normalement ».
Avec du recul, ce choix s’imposait comme un combat difficile, le cas échéant, je risquais de m’isoler petit à
petit. Il a fallu apprivoiser un environnement désormais bruyant… tout réapprendre, chercher de nouveaux repères et mettre entre parenthèses mon monde du silence.

Un combat sans fin

Au début, ce combat avec le bruit ne fut pas une partie de plaisir. C’est le genre d’évènement qui vous fait grandir, passer d’un âge à un autre sans transition.

Et l’aïkido ?

L’aïkido, j’y suis arrivée complètement par hasard. Mon grand frère pratique le Ju-Jitsu et il m’a convaincue de pousser la porte d’un dojo. Lors d’une journée « Portes ouvertes », la représentation de Ju-Jitsu ayant été
décalée, j’ai eu la chance de profiter de la démonstration d’aïkido ! J’ai été séduite.

Comment se passent les cours quand on est malentendant ?

Mon intégration dans le club a été transparente. Lorsque je suis arrivée au club, le cours n’était pas
destiné à des gens qui n’entendaient pas ou mal. Le fait d’avoir un handicap invisible, au premier abord,
permet de se fondre dans la masse rapidement, de faire comme si de rien n’était ! Au début, j’ai donc gardé mes appareils pour mieux cerner les bases, ne pas être complètement larguée et pour mieux suivre les informations orales du professeur. Heureusement, l’aïkido se comprend aussi avec les yeux et je m’en sors plutôt bien en lisant sur les lèvres.
Mis à part ça, mes camarades au club se sont pris au jeu du langage des signes !
L’essentiel finalement est qu’avec ou sans le son, l’aïkido fonctionne pareil, même si je ne peux pas cacher
que pratiquer l’aïkido dans le monde du silence donne quand même un avant goût de paradis.

Et le Shodan dans tout ça ?

En raison de mon handicap auditif, mon passage de grade a effectivement nécessité de nouvelles conditions d’examen qui n’existaient pas jusqu’à présent.
Ma volonté était de passer le shodan dans les conditions les plus « normales » possibles.
Tout au long de la préparation, l’entourage a été très important : Raymond Solano, mon professeur depuis
toujours, Robert Delong, chargé des préparations au 1er Dan, Jean-François Fabre, CER en Midi-Pyrénées, sans oublier les copains du club. Chacun, concerné par le sujet, a vraiment travaillé et réfléchi à tous les
scénarios possibles et imaginables ! Cette effervescence autour d’un cas nouveau a un peu bousculé les habitudes d’organisation d’examen ! Mais bon ! Le jour J, nous étions tous prêts et l’option d’affichage des techniques sur un panneau fut appliquée.
C’est après que j’ai vraiment mesuré l’intensité avec laquelle chacun s’était impliqué. Un grand moment
d’émotion, un grand soulagement et un modèle pour d’autres, j’espère !

Et le handicap dans tout ça ?

Je n’ai jamais vraiment été très copine avec le mot
handicap.
Même si j’accepte cet état, je n’ai pas envie de le subir. Il ne faut pas le subir.
Par rapport à soi, le handicap est quelque chose que l’on doit accepter, c’est comme accepter que notre ombre nous suive quand on marche au soleil.
Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais il faut faire avec et souvent autrement que la plupart des
gens pour arriver au même but. Il faut se sentir capable d’ouvrir une autre voie sur un autre versant de la
montagne pour atteindre le sommet.
Par rapport aux autres, au mot handicap, je préfère celui de déficience. Le handicap est mal compris dans notre société, c’est une fatalité pour beaucoup, une crainte, une peur, une fin de tout. Le sport est certainement un bon moyen pour faire avancer les choses.
Ca ne s’explique pas, ça se vit. Ca se voit dans le regard des gens.

Ton meilleur souvenir d’aïkido ?

Un cours silencieux orchestré par mon professeur.Je portais mes appareils mais les seuls bruits étaient les
flottements des hakamas, la respiration, quelques déplacements de pieds. Un pur bonheur, qui m’a
complètement submergée d’émotion.
J’ai perçu ce cours comme un message : « tu as fait un pas
vers nous, on fait un pas vers toi ».

Haut
 


Accueil | Le Club | Actualité | L'Aïkido | La Pratique | Textes | Glossaire | Galeries | Membres | UAM | Archives | Recherche | Contact | Links | Plan

Copyright © 2005 Aïkido AKJ
Pour tout renseignement concernant ce site Web, envoyez un courrier électronique à alain.buchheit@akj.fr.
Dernière mise à jour le : 1er avril 2009.