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Le sabre
japonais est intimement lié à l’histoire du Japon féodal, car il est le symbole
même du Samouraï.
Il est « l’âme
du Samouraï »;
Le caractère
exceptionnel du sabre japonais réside dans le fait que les forgerons japonais
ont su concilier et harmoniser trois notions : la rigidité, la robustesse, et la
finesse de la coupe.
La robustesse
implique l’utilisation d’un métal léger mais solide, comme le fer, tandis que la
rigidité et la capacité de coupe sont maximales avec l’emploi d’acier bien dur.
La fabrication
de la lame était une opération d’une solennité religieuse, le maître de la forge
se purifiant chaque jour au moyen des ablutions des rites shintoïstes de
purification.
Avec
ses aides, il chauffait et martelait, coupé du monde, jusqu’à ce que la lame fût
fin prête ; c’était un travail qui pouvait demander plusieurs semaines.
De la première
à la dernière, il était pénétré de l’éthique du shinto.
Une fois en la
possession du samouraï, l’épée avait pour objet de promouvoir le service qu’il
devait à son supérieur légitime.
L’obligation de
loyauté était ainsi étayée par le code éthique confucianiste. En dehors de ce
contexte, l’épée ne devait pas être tiré.
Mais une fois
tirée, elle était maniée dans l’esprit du Zen, le guide sûr de son emploi réel.
Le sabre, au
Japon, possède un statut presque spirituel; il est sensé avoir une âme, qui lui
a été insufflée par l’artisan.
Ainsi, on dit
que les sabres ne se comportent pas tous de la même manière.
Voici un conte
qui pourrait servir ici d’illustration.
Muramasa,
armurier brillant, mais instable mental, jouissait d’une assez sinistre
réputation du fait que ses splendides lames portaient toujours leurs possesseurs
à de sanglants conflits avec les autres ; ce qui se terminait par un désastre
pour eux-mêmes.
Une épée
fabriquée par le plus grand de tous les armuriers, Masamune, fut ensuite placée
dans le cours d’eau. Les feuilles évitèrent la lame. On dit qu’elle reflétait le
caractère de Masamune, qu’elle portait en elle la mesure de sa noblesse.
En fait,
Masamune, reconnu à travers les âges comme le plus fin des armuriers japonais,
gravait rarement son nom sur la garde de ses épées, bien que cette pratique eut
été générale chez ses contemporains et ses successeurs.
C’est ainsi que
l’on fit cette observation : « La Muramasa est terrible, la Masamune est
humaine. »
Une belle épée
acquérait la personnalité de l’armurier qui l’avait faite et avait donc, dans
une certaine mesure une existence occulte bien à elle.
Il résulte de
cette hypothèse que, pour un samouraï qui dégainait son épée, l’état appelé
munen « non-pensée », était plus que souhaitable.
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