Institut d'Aïkido AKJ

 

 

 

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Quelques conseils pour les débutants
 


Comme dans toutes les activités, l’Aïkido nécessite, pour être pratiqué, la connaissance de quelques règles. Voici un ensemble de conseils au travers de différents articles qui vont définir un cadre. Une fois acquis, ce cadre permettra d’évoluer sereinement vers une pratique plus juste. Nous parlerons dans un premier temps du transfert de compétence, ensuite un second article portera sur Aïkido, c’est quoi ? Un troisième article répondra à la question « Aïte, c’est qui ? » ; le 4ème traitera du « Principe d’Intégrité » et enfin le 5ème portera sur « La Pratique ».
 


Article 1: Le transfert de compétences


Nous savons que lorsque l’on modifie sa façon d’être dans une circonstance donnée, en la répétant régulièrement, en s’entrainant souvent, cette façon d’être va progressivement se transposer dans les autres circonstances de la vie courante.


Et c’est là que la pratique de l’Aïkido prend tout son sens. Au fil des entrainements, dans le contexte du Dojo, des compétences et un savoir-faire techniques vont s’acquérir de même que des qualités physiques et mentales vont se développer ou s’affiner. Citons quelques unes d’entre elles : l’endurance, la tonicité, la rapidité, la souplesse mais aussi la confiance en soi, la vigilance, la vision, la disponibilité.


La pratique va également – et c’est là un point important, modifier ou rééduquer des comportements et des attitudes. Si la pratique compte plusieurs champs d’intervention notamment dans le savoir-faire et son panel technique, ce n’est pourtant pas dans ce domaine là que le transfert aura le plus de mal à passer dans le quotidien mais plutôt dans celui du savoir-être. Car bien plus qu’à des capacités motrices et compétences techniques, on s’adresse ici à une volonté profonde de l’individu à transposer un savoir-être et un comportement acquis à travers la pratique, à la vie de tous les jours.
Cependant, on a un peu trop tendance aujourd’hui à prêter à l’Aïkido toutes les vertus du monde et à penser que le simple fait de pratiquer cette discipline, fera de nous une personne bien en tout genre. C’est du moins ce que laissent à entendre certains articles sur le net ou les échanges dans les forums. C’est malheureux à dire, mais on peut être un très bon technicien et être un sacré c… Il faut être réaliste. Dans le domaine du savoir-être, chacun possède au demeurant un potentiel et il n’appartient qu’à lui et à lui seul de vouloir ou non l’améliorer. Chacun est libre de choisir son niveau d’investissement dans le sérieux ou non de sa pratique.
S’il est demandé de fournir un travail important dans le domaine du savoir-faire afin de se l’approprier, le savoir-être, quant à lui, ne souffre pas le faux-semblant et l’imitation superficielle, mais demande une application sincère et totale. La pratique est régie par un ensemble de règles, que l’on nomme « étiquette ». Ces règles et ces codes font appel au bon sens et nous permettent d’évoluer dans un milieu discipliné, mais courtois. Bien plus que cela encore, l’étiquette s’adresse directement au savoir-être: accepter les autres ; se respecter ; respecter les autres ; s’intégrer ; se maitriser; accepter la situation d’affrontement ; coopérer ; soutenir, favoriser l’action et les progrès de son partenaire ; assurer sa sécurité et celle des autres ; relativiser la victoire ou l’échec ; le chacun à sa place.


Si on applique consciemment et consciencieusement l’ensemble de ces règles, ce transfert va s’opérer petit à petit au fil des entrainements jusqu’à devenir un trait de votre personnalité.
Comme dans toutes les activités, un des éléments importants de ce transfert sera la répétition, d’où la nécessité de pratiquer avec assiduité, conscience et surtout avec un certain état d’esprit.

Alain BUCHHEIT

 

Article 2:L’Aïkido, c’est quoi ?

Parmi les nombreuses interrogations que peuvent se poser les Aïkidokas sur leur discipline, il en est une qui, à un moment ou à un autre de leur pratique, ne manque pas de surgir : l’Aïkido, c’est quoi ?

Il y a plusieurs années de cela, il m’était facile de répondre à cette question, mais au fil du temps, ma vision et ma compréhension ont changé et évolué. J’ai progressivement découvert les nombreuses facettes de cet art, si bien qu’aujourd’hui à la question posée, il y a toujours un moment de réflexion qui précède la réponse.

Que dire ? Que c’est un art martial ? Un système de défense efficace ?

Durant sa période dite « période d’or » (1930-1940) Morihei Ueshiba était considéré auprès du grand public et surtout par ses pairs dans le monde du Budo comme un grand Maître, mais aussi comme un extraordinaire combattant tant ses exploits étaient nombreux.

Son Dojo avait été surnommé « le Dojo de l’Enfer d’Ushigome » par les pratiquants de l’époque du fait de l’extrême rigueur et du niveau élevé des entrainements, et jouissait incontestablement d’une solide réputation dans le monde des arts martiaux. L’Aïkido, qui s’appelait alors « Aïki-Budo », a acquis en quelque sorte ses « lettres de noblesse » à cette époque. Par la suite, la renommée de la discipline en tant que méthode de défense fut telle qu’elle trouva sa place auprès des forces de l’ordre, les armées, la police et les maisons d’arrêt - place qu’elle occupe encore de nos jours dans certains domaines. L’efficacité de l’Aïkido sous sa forme pragmatique en tant que méthode de défense et de neutralisation n’est plus à prouver et aujourd’hui bon nombre de self-défenses incluent dans leur système une partie du panel technique Aïkido.

Si tout ceci s’avère exact, il n’en demeure pas moins que la vision unique de self-défense ne serait pas suffisante ou du moins serait très restrictive pour définir une discipline aussi complexe.

Alors que répondre ? Que l’Aïkido est un système d’éducation ? et de communication ? qu’il est bon pour le corps et la santé ?

Ce n’est pas faux. On peut même dire que l’Aïkido s’appuie sur les valeurs du Budo et que la pratique n’est en fait que le moyen ou le prétexte à la mise en place d’un cadre dans lequel l’objet n’est pas de corriger les autres mais de se corriger soi-même. Comme tous les Budos modernes, l’Aïkido s’inscrit dans un système d’éducation des savoirs : le savoir-faire, aspect moteur, la technique et son application ; le savoir, aspect cognitif en rapport avec la pratique ; le savoir-être, aspect affectif et relationnel, contrôle des émotions, respect des règles et de l’intégrité.

Nous sommes bien dans un système d’éducation corporelle, mentale et sociale cadré par l’étiquette et les valeurs morales qu’elle véhicule telles que l’attitude, le respect et la sécurité d’autrui, ainsi que d’autres notions - pour n’en citer que quelques unes, comme la distance, la vision, le centrage, qui elles sont directement liées au support martial.

Nous pouvons de même ajouter que la pratique se fait non pas seul mais à deux et que les progrès de l’un ne peuvent se faire sans l’autre.

Conscients que l’Aïkido ne se résume pas à « attaque et défense »,  mais dans le but de mieux illustrer l’aspect interactif, nous partons du principe qu’une attaque c’est une question et une technique, une réponse, et de ce postulat, Tori doit trouver la réponse la plus appropriée qui soit, au moyen de la technique pour répondre et rétablir la situation de « déséquilibre » posée par l’attaque de Uke. Il est clair dans ce cas, que nous restons dans un système de communication, non pas orale ou verbale, mais motrice.

Comme toutes les activités physiques, l’Aïkido permet de développer et d’entretenir l’endurance, la résistance, la tonicité, la souplesse, l’équilibre, l’adresse mais aussi la confiance en soi, la vigilance, la disponibilité. Toutes ces qualités qui sont à la fois nécessaires et renforcées par la pratique améliorent la santé en général et le système cardio-vasculaire en particulier.

Une définition satisfaisante de l’Aïkido ne pourrait se limiter aux approches pré-citées.

Que dire d’autre alors ? Que l’Aïkido s’adresse à notre esprit ? à notre mental ?

Imaginons maintenant que vous soyez obligés d’adopter un comportement ou une attitude et ce sur une longue période, il est à parier que ce comportement laissera sur vous quelques empreintes. Il en sera de même pour l’Aïkido. C’est au fil des entrainements, que petit à petit, notre corps et notre esprit seront imprégnés des fondements qui constituent cette discipline martiale et son éthique - la non-opposition, l’unité, la complémentarité, l’intégrité, l’harmonie et le respect des choses établies. Toutes ces notions, vont jours après jours,  faire leur chemin jusqu’à faire partie de vous-mêmes. C’est à force de répétitions conscientes que le transfert s’opère peu à peu.

Lorsque l’on va au Dojo, on ne laisse pas sa tête au vestiaire pour la reprendre à la fin de l’entrainement. Non … notre tête reste bien là avec nous. L’Aïkido s’adresse bien évidemment à notre esprit puisqu’un des buts de la pratique est de nous faire prendre conscience de la nécessité de transformer notre comportement, d’agir et de réagir autrement, tant sur les tatamis que dans la vie de tous les jours.

Le fondateur Morihei Ueshiba avait une vision très humaniste de son Budo et lui attribuait une haute valeur morale. « Le but de l’Aïkido est de nous mettre en harmonie avec l’Univers et de faire de nous un élément intégré à cet Univers »… voilà la dimension qu’il donnait à son Budo, et c’est là qu’intervient pour nous toute la difficulté... faire corroborer cette vision des choses, cet idéal, avec l’acte, la gestuelle. Aussi peut-on dire que la pratique, c’est la capacité à mettre en forme cette philosophie du principe universel. Sinon, ce serait comme un musicien qui aurait de superbes mélodies plein la tête et qui serait incapable de les jouer avec son instrument. Et comme disait Bourvil « Le dire, c’est bien, le faire c’est mieux !». Tendre vers cet idéal, toute la pratique de l’Aïkido est là.

Après avoir passé brièvement en revue les différentes approches – aspect défense : la technique ; aspect éducation et santé : le corps ; aspect mental : l’esprit, on s’aperçoit qu’à la question posée « l’Aïkido, c’est quoi ? », aucune définition simple et rapide ne se suffit vraiment à elle-même. La difficulté provient de l’extrême richesse de l’Aïkido qui est tridimensionnel et qui concerne à la fois l’esprit, la technique et le corps (SHIN GI TAI).

SHIN, c’est l’esprit, le mental, la valeur morale. Sur un plan plus « spirituel », c’est ouvrir notre esprit, tenir compte de ce qui nous entoure et de notre univers.

GI, c’est la technique, la maitrise, l’habileté née de la pratique et d’une éducation comportementale que  l’on appelle la mémoire du corps tout comme le pianiste a la mémoire des doigts.

TAI, c’est le corps, les qualités physiques. C’est un ensemble éduqué ou re-éduqué devenu organisé, c’est la dimension physique, le support par lequel s’exprime le SHIN au travers du GI.

Trois éléments interchangeables mais indissociables, ce qui en fait sa spécificité.

On le sait, l’Aïkido est pluriel dans ses formes mais unique dans son esprit et ses principes. Aussi certaines écoles ou groupes orienteront davantage leur pédagogie sur une partie ou sur une autre, alors que d’autres privilégieront la technique, ou l’esprit , etc.

En ce qui nous concerne, nous essayons de ne privilégier aucun domaine et nous nous efforçons d’équilibrer le travail de ces trois aspects. Cependant, l’Aïkido véhicule des concepts particuliers qui ne manquent pas de dérouter bon nombre de débutants. Pour cette raison et pour en faciliter l’étude, nous avons choisi dans un 1er temps, d’appréhender la discipline par le côté « Art de défense ». Nous dirons que c’est le côté physique, matériel, palpable dont le débutant a besoin pour fixer ses repères. Puis, dans un 2ème temps, la forme particulière de l’Aïkido et ses concepts va développer chez le pratiquant un esprit d’ouverture favorable à l’étude et à la compréhension des principes universels et intemporels.

 

Alain Buchheit


 


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Dernière mise à jour le : 1er avril 2009.