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Textes
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| L'Aïkido c'est quoi
? Aïkido et
handicap
Quelques conseils
Yoshinori Kono
Yasuhiro Konishi
Riai
Lectures Conseillées |
Article 2:L’Aïkido,
c’est quoi ?
Parmi
les nombreuses interrogations que peuvent se poser les Aïkidokas sur leur
discipline, il en est une qui, à un moment ou à un autre de leur pratique, ne
manque pas de surgir : l’Aïkido, c’est quoi ?
Il y a
plusieurs années de cela, il m’était facile de répondre à cette question, mais
au fil du temps, ma vision et ma compréhension ont changé et évolué. J’ai
progressivement découvert les nombreuses facettes de cet art, si bien
qu’aujourd’hui à la question posée, il y a toujours un moment de réflexion qui
précède la réponse.
Que dire ?
Que c’est un art martial ? Un système de défense efficace ?
Durant sa
période dite « période d’or » (1930-1940) Morihei Ueshiba était considéré auprès
du grand public et surtout par ses pairs dans le monde du Budo comme un grand
Maître, mais aussi comme un extraordinaire combattant tant ses exploits étaient
nombreux.
Son Dojo
avait été surnommé « le Dojo de l’Enfer d’Ushigome » par les pratiquants de
l’époque du fait de l’extrême rigueur et du niveau élevé des entrainements, et
jouissait incontestablement d’une solide réputation dans le monde des arts
martiaux. L’Aïkido, qui s’appelait alors « Aïki-Budo », a acquis en quelque
sorte ses « lettres de noblesse » à cette époque. Par la suite, la renommée de
la discipline en tant que méthode de défense fut telle qu’elle trouva sa place
auprès des forces de l’ordre, les armées, la police et les maisons d’arrêt -
place qu’elle occupe encore de nos jours dans certains domaines. L’efficacité de
l’Aïkido sous sa forme pragmatique en tant que méthode de défense et de
neutralisation n’est plus à prouver et aujourd’hui bon nombre de self-défenses
incluent dans leur système une partie du panel technique Aïkido.
Si tout
ceci s’avère exact, il n’en demeure pas moins que la vision unique de
self-défense ne serait pas suffisante ou du moins serait très restrictive pour
définir une discipline aussi complexe.
Alors que
répondre ? Que l’Aïkido est un système d’éducation ? et de communication ? qu’il
est bon pour le corps et la santé ?
Ce n’est
pas faux. On peut même dire que l’Aïkido s’appuie sur les valeurs du Budo et que
la pratique n’est en fait que le moyen ou le prétexte à la mise en place d’un
cadre dans lequel l’objet n’est pas de corriger les autres mais de se corriger
soi-même. Comme tous les Budos modernes, l’Aïkido s’inscrit dans un système
d’éducation des savoirs : le savoir-faire, aspect moteur, la technique et son
application ; le savoir, aspect cognitif en rapport avec la pratique ; le
savoir-être, aspect affectif et relationnel, contrôle des émotions, respect des
règles et de l’intégrité.
Nous sommes
bien dans un système d’éducation corporelle, mentale et sociale cadré par
l’étiquette et les valeurs morales qu’elle véhicule telles que l’attitude, le
respect et la sécurité d’autrui, ainsi que d’autres notions - pour n’en citer
que quelques unes, comme la distance, la vision, le centrage, qui elles sont
directement liées au support martial.
Nous
pouvons de même ajouter que la pratique se fait non pas seul mais à deux et que
les progrès de l’un ne peuvent se faire sans l’autre.
Conscients
que l’Aïkido ne se résume pas à « attaque et défense », mais dans le but de
mieux illustrer l’aspect interactif, nous partons du principe qu’une attaque
c’est une question et une technique, une réponse, et de ce postulat, Tori doit
trouver la réponse la plus appropriée qui soit, au moyen de la technique pour
répondre et rétablir la situation de « déséquilibre » posée par l’attaque de Uke.
Il est clair dans ce cas, que nous restons dans un système de communication, non
pas orale ou verbale, mais motrice.
Comme
toutes les activités physiques, l’Aïkido permet de développer et d’entretenir
l’endurance, la résistance, la tonicité, la souplesse, l’équilibre, l’adresse
mais aussi la confiance en soi, la vigilance, la disponibilité. Toutes ces
qualités qui sont à la fois nécessaires et renforcées par la pratique améliorent
la santé en général et le système cardio-vasculaire en particulier.
Une
définition satisfaisante de l’Aïkido ne pourrait se limiter aux approches
pré-citées.
Que dire
d’autre alors ? Que l’Aïkido s’adresse à notre esprit ? à notre mental ?
Imaginons
maintenant que vous soyez obligés d’adopter un comportement ou une attitude et
ce sur une longue période, il est à parier que ce comportement laissera sur vous
quelques empreintes. Il en sera de même pour l’Aïkido. C’est au fil des
entrainements, que petit à petit, notre corps et notre esprit seront imprégnés
des fondements qui constituent cette discipline martiale et son éthique - la
non-opposition, l’unité, la complémentarité, l’intégrité, l’harmonie et le
respect des choses établies. Toutes ces notions, vont jours après jours, faire
leur chemin jusqu’à faire partie de vous-mêmes. C’est à force de répétitions
conscientes que le
transfert s’opère peu à peu.
Lorsque l’on va au Dojo, on ne laisse pas sa tête au
vestiaire pour la reprendre à la fin de l’entrainement. Non … notre tête reste
bien là avec nous. L’Aïkido s’adresse bien évidemment à notre esprit puisqu’un
des buts de la pratique est de nous faire prendre conscience de la nécessité de
transformer notre comportement, d’agir et de réagir autrement, tant sur les
tatamis que dans la vie de tous les jours.
Le fondateur Morihei Ueshiba
avait une vision très humaniste de son Budo et lui attribuait une haute valeur
morale. « Le but de l’Aïkido est de nous mettre en harmonie avec l’Univers et de
faire de nous un élément intégré à cet Univers »… voilà la dimension qu’il
donnait à son Budo, et c’est là qu’intervient pour nous toute la difficulté...
faire corroborer cette vision des choses, cet idéal, avec l’acte, la gestuelle.
Aussi peut-on dire que la pratique, c’est la capacité à mettre en forme cette
philosophie du principe universel. Sinon, ce serait comme un musicien qui aurait
de superbes mélodies plein la tête et qui serait incapable de les jouer avec son
instrument. Et comme disait Bourvil « Le dire, c’est bien, le faire c’est
mieux !». Tendre vers cet idéal, toute la pratique de l’Aïkido est là.
Après avoir
passé brièvement en revue les différentes approches – aspect défense : la
technique ; aspect éducation et santé : le corps ; aspect mental :
l’esprit, on s’aperçoit qu’à la question posée « l’Aïkido, c’est quoi ? »,
aucune définition simple et rapide ne se suffit vraiment à elle-même. La
difficulté provient de l’extrême richesse de l’Aïkido qui est tridimensionnel et
qui concerne à la fois l’esprit, la technique et le corps (SHIN GI TAI).
SHIN,
c’est l’esprit, le mental, la valeur morale. Sur un plan plus « spirituel »,
c’est ouvrir notre esprit, tenir compte de ce qui nous entoure et de notre
univers.
GI, c’est la technique, la maitrise, l’habileté née de la
pratique et d’une éducation comportementale que l’on appelle la mémoire du
corps tout comme le pianiste a la mémoire des doigts.
TAI, c’est le corps, les qualités physiques. C’est un
ensemble éduqué ou re-éduqué devenu organisé, c’est la dimension physique, le
support par lequel s’exprime le SHIN au travers du GI.
Trois
éléments interchangeables mais indissociables, ce qui en fait sa spécificité.
On le sait,
l’Aïkido est pluriel dans ses formes mais unique dans son esprit et ses
principes. Aussi certaines écoles ou groupes orienteront davantage leur
pédagogie sur une partie ou sur une autre, alors que d’autres privilégieront la
technique, ou l’esprit , etc.
En ce qui
nous concerne, nous essayons de ne privilégier aucun domaine et nous nous
efforçons d’équilibrer le travail de ces trois aspects. Cependant, l’Aïkido
véhicule des concepts particuliers qui ne manquent pas de dérouter bon nombre de
débutants. Pour cette raison et pour en faciliter l’étude, nous avons choisi
dans un 1er temps, d’appréhender la discipline par le côté « Art de
défense ». Nous dirons que c’est le côté physique, matériel, palpable dont le
débutant a besoin pour fixer ses repères. Puis, dans un 2ème
temps, la forme particulière de l’Aïkido et ses concepts va développer chez le
pratiquant un esprit d’ouverture favorable à l’étude et à la compréhension des
principes universels et intemporels.
Alain Buchheit
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Aïkido et handicap
« Le sport est certainement un bon moyen pour faire avancer les choses »
Magali BOUSSAC
Portrait de Magali BOUSSAC « Objectif Shodan », propos recueillis par
Marie-Christine VERNE
Article extrait de Seseragi n°23 – Octobre 2008
Un peu d’histoire…
Je suis handicapée de naissance et surtout depuis une banale visite médicale en
école primaire ! L’infirmière chargée du contrôle a dicté dans mon dos une série
de phrases que je devais répéter. Ce fut impossible !
Une série d’examens pour évaluer mon audition a confirmé mon handicap. Ce
diagnostic a surpris tout le monde, surtout mon institutrice … J’étais alors au
fond de la classe.
Un choix parmi deux…
Suite à cela, j’ai fait le choix de porter un appareillage qui devait me
permettre de compenser « au mieux » ma déficience auditive et de vivre «
normalement ».
Avec du recul, ce choix s’imposait comme un combat difficile, le cas échéant, je
risquais de m’isoler petit à
petit. Il a fallu apprivoiser un environnement désormais bruyant… tout
réapprendre, chercher de nouveaux repères et mettre entre parenthèses mon monde
du silence.
Un combat sans fin
Au début, ce combat avec le bruit ne fut pas une partie de plaisir. C’est le
genre d’évènement qui vous fait grandir, passer d’un âge à un autre sans
transition.
Et l’aïkido ?
L’aïkido, j’y suis arrivée complètement par hasard. Mon grand frère pratique
le Ju-Jitsu et il m’a convaincue de pousser la porte d’un dojo. Lors d’une
journée « Portes ouvertes », la représentation de Ju-Jitsu ayant été
décalée, j’ai eu la chance de profiter de la démonstration d’aïkido ! J’ai été
séduite.
Comment se passent les cours quand on est malentendant ?
Mon intégration dans le club a été transparente. Lorsque je suis arrivée au
club, le cours n’était pas
destiné à des gens qui n’entendaient pas ou mal. Le fait d’avoir un handicap
invisible, au premier abord,
permet de se fondre dans la masse rapidement, de faire comme si de rien n’était
! Au début, j’ai donc gardé mes appareils pour mieux cerner les bases, ne pas
être complètement larguée et pour mieux suivre les informations orales du
professeur. Heureusement, l’aïkido se comprend aussi avec les yeux et je m’en
sors plutôt bien en lisant sur les lèvres.
Mis à part ça, mes camarades au club se sont pris au jeu du langage des signes !
L’essentiel finalement est qu’avec ou sans le son, l’aïkido fonctionne pareil,
même si je ne peux pas cacher
que pratiquer l’aïkido dans le monde du silence donne quand même un avant goût
de paradis.
Et le Shodan dans tout ça ?
En raison de mon handicap auditif, mon passage de grade a effectivement
nécessité de nouvelles conditions d’examen qui n’existaient pas jusqu’à présent.
Ma volonté était de passer le shodan dans les conditions les plus « normales »
possibles.
Tout au long de la préparation, l’entourage a été très important : Raymond
Solano, mon professeur depuis
toujours, Robert Delong, chargé des préparations au 1er Dan, Jean-François
Fabre, CER en Midi-Pyrénées, sans oublier les copains du club. Chacun, concerné
par le sujet, a vraiment travaillé et réfléchi à tous les
scénarios possibles et imaginables ! Cette effervescence autour d’un cas nouveau
a un peu bousculé les habitudes d’organisation d’examen ! Mais bon ! Le jour J,
nous étions tous prêts et l’option d’affichage des techniques sur un panneau fut
appliquée.
C’est après que j’ai vraiment mesuré l’intensité avec laquelle chacun s’était
impliqué. Un grand moment
d’émotion, un grand soulagement et un modèle pour d’autres, j’espère !
Et le handicap dans tout ça ?
Je n’ai jamais vraiment été très copine avec le mot
handicap.
Même si j’accepte cet état, je n’ai pas envie de le subir. Il ne faut pas le
subir.
Par rapport à soi, le handicap est quelque chose que l’on doit accepter, c’est
comme accepter que notre ombre nous suive quand on marche au soleil.
Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais il faut faire avec et
souvent autrement que la plupart des
gens pour arriver au même but. Il faut se sentir capable d’ouvrir une autre voie
sur un autre versant de la
montagne pour atteindre le sommet.
Par rapport aux autres, au mot handicap, je préfère celui de déficience. Le
handicap est mal compris dans notre société, c’est une fatalité pour beaucoup,
une crainte, une peur, une fin de tout. Le sport est certainement un bon moyen
pour faire avancer les choses.
Ca ne s’explique pas, ça se vit. Ca se voit dans le regard des gens.
Ton meilleur souvenir d’aïkido ?
Un cours silencieux orchestré par mon professeur.Je portais mes appareils
mais les seuls bruits étaient les
flottements des hakamas, la respiration, quelques déplacements de pieds. Un pur
bonheur, qui m’a
complètement submergée d’émotion.
J’ai perçu ce cours comme un message : « tu as fait un pas
vers nous, on fait un pas vers toi ».
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Quelques conseils pour
les débutants
Comme dans toutes les activités, l’Aïkido nécessite, pour être pratiqué, la
connaissance de quelques règles. Voici un ensemble de conseils au travers de
différents articles qui vont définir un cadre. Une fois acquis, ce cadre
permettra d’évoluer sereinement vers une pratique plus juste. Nous parlerons
dans un premier temps du transfert de compétence, ensuite un second article
portera sur Aïkido, c’est quoi ? Un troisième article répondra à la question «
Aïte, c’est qui ? » ; le 4ème traitera du « Principe d’Intégrité » et enfin le
5ème portera sur « La Pratique ».
Article 1: Le transfert de compétences
Nous
savons que lorsque l’on modifie sa façon d’être dans une circonstance donnée, en
la répétant régulièrement, en s’entrainant souvent, cette façon d’être va
progressivement se transposer dans les autres circonstances de la vie courante.
Et c’est là que la pratique de l’Aïkido prend tout son sens. Au fil des
entrainements, dans le contexte du Dojo, des compétences et un savoir-faire
techniques vont s’acquérir de même que des qualités physiques et mentales vont
se développer ou s’affiner. Citons quelques unes d’entre elles : l’endurance, la
tonicité, la rapidité, la souplesse mais aussi la confiance en soi, la
vigilance, la vision, la disponibilité.
La pratique va également – et c’est là un point important, modifier ou rééduquer
des comportements et des attitudes. Si la pratique compte plusieurs champs
d’intervention notamment dans le savoir-faire et son panel technique, ce n’est
pourtant pas dans ce domaine là que le transfert aura le plus de mal à passer
dans le quotidien mais plutôt dans celui du savoir-être. Car bien plus qu’à des
capacités motrices et compétences techniques, on s’adresse ici à une volonté
profonde de l’individu à transposer un savoir-être et un comportement acquis à
travers la pratique, à la vie de tous les jours.
Cependant, on a un peu trop tendance aujourd’hui à prêter à l’Aïkido toutes les
vertus du monde et à penser que le simple fait de pratiquer cette discipline,
fera de nous une personne bien en tout genre. C’est du moins ce que laissent à
entendre certains articles sur le net ou les échanges dans les forums. C’est
malheureux à dire, mais on peut être un très bon technicien et être un sacré c…
Il faut être réaliste. Dans le domaine du savoir-être, chacun possède au
demeurant un potentiel et il n’appartient qu’à lui et à lui seul de vouloir ou
non l’améliorer. Chacun est libre de choisir son niveau d’investissement dans le
sérieux ou non de sa pratique.
S’il est demandé de fournir un travail important dans le domaine du savoir-faire
afin de se l’approprier, le savoir-être, quant à lui, ne souffre pas le
faux-semblant et l’imitation superficielle, mais demande une application sincère
et totale. La pratique est régie par un ensemble de règles, que l’on nomme «
étiquette ». Ces règles et ces codes font appel au bon sens et nous permettent
d’évoluer dans un milieu discipliné, mais courtois. Bien plus que cela encore,
l’étiquette s’adresse directement au savoir-être: accepter les autres ; se
respecter ; respecter les autres ; s’intégrer ; se maitriser; accepter la
situation d’affrontement ; coopérer ; soutenir, favoriser l’action et les
progrès de son partenaire ; assurer sa sécurité et celle des autres ;
relativiser la victoire ou l’échec ; le chacun à sa place.
Si on applique consciemment et consciencieusement l’ensemble de ces règles, ce
transfert va s’opérer petit à petit au fil des entrainements jusqu’à devenir un
trait de votre personnalité.
Comme dans toutes les activités, un des éléments importants de ce transfert sera
la répétition, d’où la nécessité de pratiquer avec assiduité, conscience et
surtout avec un certain état d’esprit.
Alain BUCHHEIT
Article 2:L’Aïkido,
c’est quoi ?
Parmi
les nombreuses interrogations que peuvent se poser les Aïkidokas sur leur
discipline, il en est une qui, à un moment ou à un autre de leur pratique, ne
manque pas de surgir : l’Aïkido, c’est quoi ?
Il y a
plusieurs années de cela, il m’était facile de répondre à cette question, mais
au fil du temps, ma vision et ma compréhension ont changé et évolué. J’ai
progressivement découvert les nombreuses facettes de cet art, si bien
qu’aujourd’hui à la question posée, il y a toujours un moment de réflexion qui
précède la réponse.
Que dire ?
Que c’est un art martial ? Un système de défense efficace ?
Durant sa
période dite « période d’or » (1930-1940) Morihei Ueshiba était considéré auprès
du grand public et surtout par ses pairs dans le monde du Budo comme un grand
Maître, mais aussi comme un extraordinaire combattant tant ses exploits étaient
nombreux.
Son Dojo
avait été surnommé « le Dojo de l’Enfer d’Ushigome » par les pratiquants de
l’époque du fait de l’extrême rigueur et du niveau élevé des entrainements, et
jouissait incontestablement d’une solide réputation dans le monde des arts
martiaux. L’Aïkido, qui s’appelait alors « Aïki-Budo », a acquis en quelque
sorte ses « lettres de noblesse » à cette époque. Par la suite, la renommée de
la discipline en tant que méthode de défense fut telle qu’elle trouva sa place
auprès des forces de l’ordre, les armées, la police et les maisons d’arrêt -
place qu’elle occupe encore de nos jours dans certains domaines. L’efficacité de
l’Aïkido sous sa forme pragmatique en tant que méthode de défense et de
neutralisation n’est plus à prouver et aujourd’hui bon nombre de self-défenses
incluent dans leur système une partie du panel technique Aïkido.
Si tout
ceci s’avère exact, il n’en demeure pas moins que la vision unique de
self-défense ne serait pas suffisante ou du moins serait très restrictive pour
définir une discipline aussi complexe.
Alors que
répondre ? Que l’Aïkido est un système d’éducation ? et de communication ? qu’il
est bon pour le corps et la santé ?
Ce n’est
pas faux. On peut même dire que l’Aïkido s’appuie sur les valeurs du Budo et que
la pratique n’est en fait que le moyen ou le prétexte à la mise en place d’un
cadre dans lequel l’objet n’est pas de corriger les autres mais de se corriger
soi-même. Comme tous les Budos modernes, l’Aïkido s’inscrit dans un système
d’éducation des savoirs : le savoir-faire, aspect moteur, la technique et son
application ; le savoir, aspect cognitif en rapport avec la pratique ; le
savoir-être, aspect affectif et relationnel, contrôle des émotions, respect des
règles et de l’intégrité.
Nous sommes
bien dans un système d’éducation corporelle, mentale et sociale cadré par
l’étiquette et les valeurs morales qu’elle véhicule telles que l’attitude, le
respect et la sécurité d’autrui, ainsi que d’autres notions - pour n’en citer
que quelques unes, comme la distance, la vision, le centrage, qui elles sont
directement liées au support martial.
Nous
pouvons de même ajouter que la pratique se fait non pas seul mais à deux et que
les progrès de l’un ne peuvent se faire sans l’autre.
Conscients
que l’Aïkido ne se résume pas à « attaque et défense », mais dans le but de
mieux illustrer l’aspect interactif, nous partons du principe qu’une attaque
c’est une question et une technique, une réponse, et de ce postulat, Tori doit
trouver la réponse la plus appropriée qui soit, au moyen de la technique pour
répondre et rétablir la situation de « déséquilibre » posée par l’attaque de Uke.
Il est clair dans ce cas, que nous restons dans un système de communication, non
pas orale ou verbale, mais motrice.
Comme
toutes les activités physiques, l’Aïkido permet de développer et d’entretenir
l’endurance, la résistance, la tonicité, la souplesse, l’équilibre, l’adresse
mais aussi la confiance en soi, la vigilance, la disponibilité. Toutes ces
qualités qui sont à la fois nécessaires et renforcées par la pratique améliorent
la santé en général et le système cardio-vasculaire en particulier.
Une
définition satisfaisante de l’Aïkido ne pourrait se limiter aux approches
pré-citées.
Que dire
d’autre alors ? Que l’Aïkido s’adresse à notre esprit ? à notre mental ?
Imaginons
maintenant que vous soyez obligés d’adopter un comportement ou une attitude et
ce sur une longue période, il est à parier que ce comportement laissera sur vous
quelques empreintes. Il en sera de même pour l’Aïkido. C’est au fil des
entrainements, que petit à petit, notre corps et notre esprit seront imprégnés
des fondements qui constituent cette discipline martiale et son éthique - la
non-opposition, l’unité, la complémentarité, l’intégrité, l’harmonie et le
respect des choses établies. Toutes ces notions, vont jours après jours, faire
leur chemin jusqu’à faire partie de vous-mêmes. C’est à force de répétitions
conscientes que le
transfert s’opère peu à peu.
Lorsque l’on va au Dojo, on ne laisse pas sa tête au
vestiaire pour la reprendre à la fin de l’entrainement. Non … notre tête reste
bien là avec nous. L’Aïkido s’adresse bien évidemment à notre esprit puisqu’un
des buts de la pratique est de nous faire prendre conscience de la nécessité de
transformer notre comportement, d’agir et de réagir autrement, tant sur les
tatamis que dans la vie de tous les jours.
Le fondateur Morihei Ueshiba
avait une vision très humaniste de son Budo et lui attribuait une haute valeur
morale. « Le but de l’Aïkido est de nous mettre en harmonie avec l’Univers et de
faire de nous un élément intégré à cet Univers »… voilà la dimension qu’il
donnait à son Budo, et c’est là qu’intervient pour nous toute la difficulté...
faire corroborer cette vision des choses, cet idéal, avec l’acte, la gestuelle.
Aussi peut-on dire que la pratique, c’est la capacité à mettre en forme cette
philosophie du principe universel. Sinon, ce serait comme un musicien qui aurait
de superbes mélodies plein la tête et qui serait incapable de les jouer avec son
instrument. Et comme disait Bourvil « Le dire, c’est bien, le faire c’est
mieux !». Tendre vers cet idéal, toute la pratique de l’Aïkido est là.
Après avoir
passé brièvement en revue les différentes approches – aspect défense : la
technique ; aspect éducation et santé : le corps ; aspect mental :
l’esprit, on s’aperçoit qu’à la question posée « l’Aïkido, c’est quoi ? »,
aucune définition simple et rapide ne se suffit vraiment à elle-même. La
difficulté provient de l’extrême richesse de l’Aïkido qui est tridimensionnel et
qui concerne à la fois l’esprit, la technique et le corps (SHIN GI TAI).
SHIN,
c’est l’esprit, le mental, la valeur morale. Sur un plan plus « spirituel »,
c’est ouvrir notre esprit, tenir compte de ce qui nous entoure et de notre
univers.
GI, c’est la technique, la maitrise, l’habileté née de la
pratique et d’une éducation comportementale que l’on appelle la mémoire du
corps tout comme le pianiste a la mémoire des doigts.
TAI, c’est le corps, les qualités physiques. C’est un
ensemble éduqué ou re-éduqué devenu organisé, c’est la dimension physique, le
support par lequel s’exprime le SHIN au travers du GI.
Trois
éléments interchangeables mais indissociables, ce qui en fait sa spécificité.
On le sait,
l’Aïkido est pluriel dans ses formes mais unique dans son esprit et ses
principes. Aussi certaines écoles ou groupes orienteront davantage leur
pédagogie sur une partie ou sur une autre, alors que d’autres privilégieront la
technique, ou l’esprit , etc.
En ce qui
nous concerne, nous essayons de ne privilégier aucun domaine et nous nous
efforçons d’équilibrer le travail de ces trois aspects. Cependant, l’Aïkido
véhicule des concepts particuliers qui ne manquent pas de dérouter bon nombre de
débutants. Pour cette raison et pour en faciliter l’étude, nous avons choisi
dans un 1er temps, d’appréhender la discipline par le côté « Art de
défense ». Nous dirons que c’est le côté physique, matériel, palpable dont le
débutant a besoin pour fixer ses repères. Puis, dans un 2ème
temps, la forme particulière de l’Aïkido et ses concepts va développer chez le
pratiquant un esprit d’ouverture favorable à l’étude et à la compréhension des
principes universels et intemporels.
Alain Buchheit
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Yoshinori Kono : un pratiquant d’exception
Un
grand parmi les grands, qui dit tout haut ce que certains pensent tout bas … et qui nous incite à la
réflexion !
Voici un extrait d’un article du magazine Dragon N°29
(septembre-Octobre 2008) écrit par Tamaki Léo.
Yoshinori Kono : un pratiquant d’exception
Yoshinori Kono est sans conteste le budoka le plus célèbre
du Japon. Capable d’améliorer les performances de sportifs
de haut niveau ou le jeu de musiciens professionnels grâce
à l’utilisation du corps selon les principes du bujutsu,
il est surtout un pratiquant d’exception, excellant aussi
bien dans le travail aux armes qu’à mains nues.
Il a accepté de partager avec nous le fruit de ses réflexions dans un
entretien exclusif. Par Tamaki Léo.
Question : vous pratiquez aussi le Bato jutu ?
Réponse de Me Yoshinori Kono :
« Oui. Au départ, j’ai entre autres étudié le Kashima shin ryu, mais ma
pratique s’est modifiée petit à petit jusqu’à un travail assez personnel.
Comme vous le savez, au départ, le Iaï ou Batto s’est développé à partir de
situations où l’on affrontait un
adversaire qui vous menaçait, le sabre déjà en main. Mais c’est un travail qui
n’existe plus dans aucune école.
Aujourd’hui, même en admettant que la lame de l’adversaire est à quelques
centimètres de vous, chacun s’emploie à armer. Il est évident que personne
n’aurait pratiqué ainsi dans le passé ! Le temps que l’on dégaine et arme,
l’adversaire aurait déjà coupé depuis longtemps.
Lorsqu’on lit les densho (N.d.a : écrit transmettant les enseignements dans
les écoles traditionnelles et se
présentant également sous la forme de rouleaux), il est écrit des positions où
le kissaki de l’adversaire se
trouve près de votre koïguchi (N.d.a : littéralement bouche de carpe. Partie du
fourreau proche de la garde par laquelle on introduit le sabre).
Au moindre mouvement, le poignet est coupé ! Il est évident qu’on n’arme
jamais dans ce type de situations. C’est une position extrêmement dangereuse.
Dans le Iaï d’aujourd’hui, personne n’est capable de dégainer dans ces
circonstances extrêmement difficiles.
Même lorsque les pratiquants s’exercent avec un partenaire, celui-ci les
laisse armer sans les couper alors qu’ils sont criblés d’ouvertures. On comprend
au premier regard que ce type de travail n’a pas de sens !
Pourtant, personne ne prend cela en considération.
Enfin, si l’on prend cet exemple, il faut bien admettre
que lors des embu d’Aïkido ? tout le monde attaque pour être vaincu.
Et si l’on dit « que se passerait-il contre une attaque de boxe ? » on vous
répond qu’il ne faut pas
réfléchir ainsi. Mais si on ne réfléchit pas ainsi, on reçoit l’attaque. On dit
que demander ce genre de choses n’est plus de notre temps, qu’il faut polir son
cœur afin de ne pas être frappé, etc, etc (rires)
Ce n’est pas faux. Mais si cela arrive, que faire ? Il y a d’innombrables
histoires concernant Ueshiba Morihei, comme celle où il fit face au boxeur «
Piston » Horiguchi.
Et on
se demande s’il en existe de semblables concernant ses disciples. Le
rapport de l’Aïkido au monde réel est un véritable problème.Le problème
essentiel de l’Aïkido est que l’enthousiasme et l’assiduité ne changent pas la
capacité à faire face à une situation concrète. Il faut se contenter du plaisir
d’une pratique enthousiaste et assidue. C’est très étrange. »
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Maître
visionnaire, Yasuhiro Konishi (1893-1983), créateur du Shindo Jinen Ryu est un
personnage marquant de l’histoire des Arts Martiaux :
Selon les
termes employés pour le décrire (références Ceinture Noire n°16 d’août 2001), il
est « l’homme qui fit du Karate un art martial japonais ».
C’est lui qui
accueillit les maîtres d’Okinawa, pionniers du Karate dans les années 1920 et
1930 à leur arrivée au Japon : Gichin Funakoshi, Choki Motobu, Chojun Miyagi,
Kenwa Mabuni.
Visionnaire, il
accepta de les recevoir et leur permit de se connaître, de travailler ensemble,
de développer ce qui par la suite prendra le nom de Karate, au sein d’une seule
et même organisation.
A 6 ans, il
débute dans les arts martiaux en étudiant le Jiu-Jitsu, à 13 ans il s’investit
dans le Kendo, et au lycée il se met au Takeuchi Ryu Jiu-Jitsu, style proche du
Karate par la force de ses coups de pieds et de ses coups de poings.
A l’université,
il est entraîneur de l’équipe de Kendo et travaillera le Te avec un de ses
condisciples venu d’Okinawa Tsuneshige Aragaki.
En 1923, il
ouvre son dojo, le Ryubukan et y enseigne le Kendo et le Jiu-Jitsu.
En 1924,
Hironiski Othsuka (fondateur du Wado Ryu) et Gichin Funakoshi (créateur du
Shotokan) viennent le voir dans l’espoir de pouvoir utiliser le dojo pour y
enseigner le Ryu Kyu Kempo Tote Jutsu. Il les accueille.
Un mois plus
tard est crée le Tote Club de l’université de Keio, le premier club
universitaire de Karate du Japon, dans lequel sont enseignés le Karate-Jutsu, le
Kendo, la boxe anglaise, le Jiu-Jitsu.
La réputation
de cette école grandit alors que les victoires s’accumulent.
En effet, les
défis entre Budoka étaient d’usage, à cette époque.
Avec le temps,
il faudra noter trois changements majeurs dans l’histoire du Karate : tout
d’abord, les noms des différents katas seront en japonais et non plus en
okinawaien, afin d’être mieux perçus par les élèves (le Karate ayant été
introduit dans les programmes d’enseignement) ; ensuite Konishi Sensei et
Ohtsuka Sensei ajoutent des Ippon Kumite à l’entraînement normal, dans le but de
développer davantage l’individu ; enfin en 1929, le kanji de Karate original qui
signifiait La Main de Chine indiquant les origines chinoises de cet art, se
transforme par le kanji signifiant « la main vide ».
D’autres grands
maîtres d’Okinawa viendront enrichir le vécu martial de Konishi Sensei : parmi
eux Kenwa Mabuni (fondateur du Shito-Ryu), Chojun Miyagi (fondateur du Goju-Ryu),
Choki Motobu considéré comme étant un génie des arts martiaux, rapide et
efficace en combat.
En 1935, le Dai
Nippon Butoku-Kai, corps gouvernemental réunissant tous les arts martiaux dans
une seule organisation, accepte de reconnaître le Karate.
A cette même
époque, Konishi Sensei est l’élève de Morihei Ueshiba qui alors enseigne l’ Aïki-Budo.
Ils
s’entraîneront régulièrement ensemble, avec Mabuni Sensei, Ohtsuka Sensei.
C’est durant
cette période du Butoku-Kai que Morihei Ueshiba fut reconnu par tous comme le
grand Maître incontesté, d’où le nom de O-Sensei « le Grand Maître ». Konishi
Sensei considérait Morihei Ueshiba comme le plus grand pratiquant d’arts
martiaux qu’il ait jamais connu.
Sur les
conseils et recommandations de O-Sensei, Konishi développe trois Katas nommés
Tai Sabaki, basés sur le Karate et dans lesquels sont incorporés des principes
enseignés par Ueshiba.
Il reçoit
l’aval du Fondateur de l’Aïkido.
De même, avec
Mabuni Sensei, ils créeront le Kata Seiryu, fruit de la collaboration de ces
trois Maîtres, qui incorpore l’essence de l’Aïkido, du Jujitsu et du Karate.
En 1938, il est
nommé responsable du comité chargé de reconnaître les différents styles de
Karate ; il encouragera donc ses amis à donner des noms à leurs écoles.
Miyagi nommera
son style le Goju-Ryu, mélange du dur et du souple.
Mabuni, le
Shito-Ryu en souvenir de deux de ses professeurs.
Ohtsuka, créera
le Wado-Ryu, l’art de la paix, et les étudiants de Funakoshi nommeront son style
le Shotokan - Shoto étant son surnom d’écrivain.
Sur la
recommandation de Morihei Ueshiba, Konishi nommera son style Shindo Jinen Ryu
Karate Jutsu, qui se traduit par « style divin et naturel voie de la main vide
».
C’est ainsi que
grâce à Yasuhiro Konishi, tous ces Maîtres d’avant-guerre ont pu collaborer pour
le bienfait des arts martiaux modernes.
Après-guerre,
Konishi consacra son temps à l’enseignement du Karate dans les entreprises.
A sa mort, son
fils Takehiro Konishi lui succéda à la tête de la Japan Karate-Do Ryobu-Kai.
Alain BUCHHEIT
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L’aïkido compte
de nombreux mouvements techniques.
Certains sont
différents, d’autres ont une certaine ressemblance mais n’obéissent pas aux
mêmes règles, et il en est qui ont une origine commune.
C’est ce lien
qui existe entre des mouvements apparemment différents mais qui ont la même
identité, que l’on appelle « Riai ».
Le champ
technique est extrêmement vaste, aussi s’appréhende-t-il comme dans toutes les
activités, par une méthode partant du plus simple vers le plus élaboré.
Le débutant
dans un premier temps apprend à reconnaître, nommer, identifier, classer les
techniques et les principes de base.
C’est seulement
dans une deuxième étape, au fur et à mesure de ses progrès que sa vision change.
Il commence à
faire des regroupements, puis des liens entre des techniques apparemment
différentes.
Par exemple,
Kotegaeshi et Iriminage ne seront plus vues comme deux techniques différentes,
mais comme deux techniques ayant la même logique (ne change que la profondeur
d’entrée).
Toujours plus
en avant dans cette perspective de Riai, le lien se fera avec d’autres
techniques, entre le taichi-dori et le jo-dori, le travail à mains nues et les
armes, etc …
Bien entendu,
l’étude dans cette direction pourra être orientée très tôt, mais la
compréhension et la relation entre ces mouvements ne pourra se faire par le
pratiquant que lorsqu’il possèdera un « bagage » technique suffisant lui donnant
matière à travailler dans ce sens là.
Je serais tenté
de dire qu’il faut laisser le temps au temps.
Prenons
l’exemple d’un jeune qui débute au football.
Deux problèmes
se présentent à lui : le ballon et le jeu.
Il doit
apprendre à maitriser le premier et développer la tactique et la vision du
second.
Regardons-le
maintenant évoluer sur un parcours. On constate qu’il a énormément de mal à
quitter son ballon des yeux.
Cette attitude
est normale, puisqu’il ne le maitrise pas encore.
Il lui est donc
difficile de faire deux choses à la fois, conduire le ballon et regarder le jeu.
Au fil des
entraînements, ses capacités foncières et ses habilités s’améliorant, il
acquiert de l’aisance et son ballon ne lui pose plus de problèmes majeurs.
Alors
seulement, il commence à relever la tête et avoir une vision du jeu.
Viendront
ensuite pour lui encore de nombreuses étapes à franchir.
Il en va de
même en aïkido.
C’est après un
apprentissage foncier des techniques qu’au fil des progrès, la vision s’élargit,
change.
Elle nous amène
à avoir un regard différent sur notre discipline.
Le Riai peut
s’appliquer de manière intrinsèque à l’aïkido, mais aussi s’étendre à d’autres
disciplines.
C’est ce que
nous tentons de faire dans le cadre de l’UAM à l’occasion de stages
pluridisciplinaires.
Bien entendu
ici, il n’est pas question de s’attacher aux formes mais bien aux principes qui
les animent.
Ce qui nous
fait dire « des principes communs par des voies d’accès différentes ».
Cependant, il
ne faut pas non plus tout confondre.
Ce n’est pas
parce que nous portons la même tenue, que nous pratiquons dans des lieux
identiques et que nous appartenons à la même famille des arts martiaux, que nous
faisons tous la même chose.
Chaque
discipline a sa logique de fonctionnement qui repose sur des principes énoncés
par leur fondateur.
Vouloir tout
mélanger ne nous mènerait nulle part.
Mais identifier
des principes communs s’exprimant sous des formes différentes, sans pour autant
perdre le fil conducteur des fondamentaux de sa discipline, est pour moi
extrêmement riche d’enseignement.
En ce qui me
concerne, je ne fais pas autre chose que de l’aïkido, j’essaie seulement
d’ouvrir ma vision.
Je pense que
c’est aussi un des objectifs majeurs de l’aïkido, que de nous faire prendre
conscience des principes universels, sans spéculation intellectuelle, mais bien
par la pratique, et que cette dernière modèle nos esprits.
Corps et esprit
unifiés à travers la pratique, c’est peut-être aussi cela le Riai.
Alain BUCHHEIT
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